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Gorilles dans la brume


Gorilles dans la brumeSigourney chez les gorilles, en pleine nature sauvage africaine et interprétant le personnage authentique de Dian Fossey, le spectacle vaut le détour. Point de trucage possible ! Les rencontres entre Sigourney/Dian et les gorilles sont à couper le souffle. Dian Fossey était cette anthropologue américaine qui, dans la solitude des montagnes sauvages du Zaire, trouva sa raison de vivre en étudiant pendant dix-huit ans, ces primates méconnus et sauvages. A force de séjours immobiles au voisinage d’un groupe, Dian Fossey s’est finalement fait accepter par les gorilles. Elle a pu les regarder, les toucher, vivre avec eux, les filmer. Lancée à corps perdu dans une lutte pour la protection d’une espèce en voie de disparition que les braconniers massacrent sans pitié, Dian Fossey y a laissé la vie. Le film se pouvait exister qu’en recréant ces rencontres avec de vrais gorilles… Lors d’un séjour de quatre mois dans le centre de recherche que Dian Fossey fonda en.1 967 et dirigea jusqu’à son assassinat (encore inexpliqué), en 1985, aidée par un pisteur, Sigourney Weaver a dû faire, elle aussi, un vrai travail d’approche. Elle s’est retrouvé 3 000 mètres d’altitude sur le mont Visoke, face à un groupe de gorilles de 250 kilos ! On en oublie les faiblesses très «mélodrame de Prisu» et «psychologie de supermarché» du film de Michael Apted.

Pelle le conquérantPelle le conquérant

En cette fin du 19e siècle, comme tant d’autres émigrants tenaillent par la faim, le vieil homme et son fils ont quitté leur Suède natale pour une terre qu’ils croyaient plus hospitalière, le Danemark. Mais Lasse (Max vonSydow) es trop vieux, et Pelle n’a que neuf ans. Engage comme vachers pour un salaire de misère, ils seront, comme les autres, soumis à la loi d’un régisseur inimitable et d’un commis sadique. Tandis que le père plie l’échine et se résigne, Pelle observe, se rebelle contre les brimades des autres écoliers et, surtout se lie avec Erik, une forte tête. Avec lui, il rêve de partir visiter le monde et de le conquérir. Ce beau film danois, Palme d’or surprise du Festival de Cannes 88, a séduit tout le monde images superbes et rigueur documentaire sont les qualités premières de cette histoire vue par le regard d’un enfant, mais se refusant aux facilités de l’émotion comme au confort intellectuel de la démonstration.

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Les portes tournantes


Les portes tournantesCéleste Jose du piano pour accompagner les films muets. Nous sommes au Canada en 1928, et la jeune fille devient une star locale. Changeant de robe chaque soir, elle se taille un joli succès auprès d’un public assidu et passionné. Soudain, c’est la catastrophe : le cinéma se met à parler. Fini le piano, adieu Céleste ! Toujours courtisée par un riche héritier, elle accepte de l’épouser, et ses malheurs commencent. Lorsque son mari meurt à la guerre, sa belle-famille lui enlève son enfant, et Céleste s’enfuit à New York. L’histoire de cette vie, de cette rébellion, de cette passion pour le piano, c’est assurément la partie la plus attachante du film de Francis Mankiewicz. La comédienne québécoise Monique Spaziani interprète Céleste avec sensibilité, sincérité, conviction. Le « présent » nous intéresse moins. Céleste, aujourd’hui une vieille dame, a écrit son journal, l’a envoyé à son fils, et c’est l’enfant de celui-ci qui, découvrant son cahier, partira seul à la recherche de sa grand-mère. D’où une touche d’émotion finale, mais le mieux, c’est assurément révocation de la jeunesse de Céleste.

Monsieur Hire

Monsieur HireQuand M. Hire sort de chez lui, dans son petit par-dessus noir, les gamins lui jettent de la farine. Il ne fait rien de mal, mais voila personne ne l’aime. II faut dire qu’il ne fait rien pour cela. Dormant très peu, il passe un temps fou à sa fenêtre, observant sa voisine Alice, qui est jeune, belle, vive, enjouée. Un soir, elle remarque le manège de M. Hire. Désemparée, elle se cache. Puis une mystérieuse complicité s’instaure entre elle et lui, mais chut… Du roman de Georges Simenon, «Les fiançailles de Monsieur Hire», Patrice Leconte a tiré une bouleversante histoire d’amour, où Michel Blanc trouve le rôle le plus intense de sa carrière. Sandrine Bonnaire, fraiche et spontanée comme toujours, est une Alice cependant ambigüe. Leur relation est l’essentiel d’un film ou tout superflu est élagué. C’est dense, concis, sans être austère. La sobre élégance de la mise en scène est un plaisir constant pour l’œil. La musique de Michael Nyman est ensorcelante. Quand on pense que la Palme d’or cannois est allée au surestime «Sexe, mensonges et vidéo», on se dit qu’il y a des jurys bien légers, que c’est un scandale, vanité des vanités…

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Les français au cinéma


En 87, les constructeurs nationaux ont prêté de nombreux véhicules à des équipes de tournage. Nous avons sélectionné quelques longs métrages auxquels Peugeot, Citroën ou Renault ont participé.

Peugeot

« Agent trouble » de Jean-Pierre Mocky ; « Le grand bleu » de Luc Besson ; « Maladie d’amour » de Jacques Deray ; « Noyade interdite » de Pierre Granier-Oeferre ; « La vie dissolue de Gérard Floque » de Georges Lautner ; « Les keufs » de Josiane Balasko ; « La vie est un long fleuve tranquille » d’Etienne Chatilliez…

Citroën

« Une nuit à l’Assemblée » de Jean-Pierre Mocky ; « Blanc de Chine » de Denys Grutier-De-ferre ; « La travestie » d’Yves Boisson ; « Jaune revolver » de Olivier Langlois ; « Association de malfaiteurs » de Claude Zidi ; « Le moustachu » de Dominique Chaussois ; « Tandem » de Patrice Leconte ; « La petite allumeuse » de Danièle Dubroux ; « Etats d’âme » de Jacques Fansten…

Renault

« au beurre noir » de Serge Meynard ; « Le cri du hibou » de Claude Chabrol ; « Direction assistée » d’Alex Métayer ; « La passerelle » de Jean-Claude Sussfeld ; « Fréquence meurtre » d’Elisabeth Rappeneau ; « Un homme et une femme, vingt ans déjà » de Claude Lelouch ; « Mauvais sang » de Lésa Carax ; « Poussière d’ange » d’Edouard Nier-mans ; « L’été en pente douce » de Gérard Krawczyk ; « Nuit d’ivresse » de Bernard Nauer…

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Et les voitures dans tout ça ?


Batmobile La première voiture, spécialement réalisée pour l’écran, qui acquit un statut de star internationale fut sans doute celle des héros de la série TV américaine « Barman ». L’homme chauve-souris et son fiston Batboy déboulaient dans leur Batmobile au fil d’épisodes très kitsch. George Barris, Californien d’origine grecque spécialisé dans la fabrication de customs depuis les années 40, s’était assuré un franc succès en concevant ce noir roadster futuriste, mélange de Ford et de fibre de verre. Au cinéma, la star incontestée fut et reste l’Aston Martin 0B5 de James Bond. La voiture-gadget des services secrets britanniques fit sa première apparition en 1964 dans « Goldfinger ». Sean Connery manipulait les commandes spéciales de l’Aston. L’interrupteur à droite du compteur faisait pivoter les deux feux arrière. Des orifices ainsi dégagés s’échappaient, à droite de l’huile chaude spéciale tête-à-queue, à gauche des clous avides de gomme. Des moyeux télescopiques de type « Ben Bus » jaillissaient lors des poursuites tôle contre tôle. Les plaques minéralogiques pivotaient sur elles-mêmes pour les changements d’immatriculation urgents. En cas de feu nourri, double zéro protégeait ses arrières en déployant la plaque pare-balles logée dans le coffre. Lorsque son passager l’encombrait, JB pouvait le quitter rapidement en déclenchant un siège éjectable. En 68, un tacot volant « bois et inox » fit sensation dans la comédie « Chitty Chitty Bang Bang ». Fait remarquable ce film s’inspirait d’un livre de lan Fleming, le père de James Bond. L’année suivante, un modèle de série déjà célèbre se lança à son tour dans le 7e art.

Coccinelle La Coccinelle de Volkswagen allait devenir, en quelques longs métrages, l’une des rares vedettes non dessinées des studios Walt Disney. Pendant ce temps, l’agent 007 s’était égaré au volant de voitures trop proches de la série pour prétendre succéder à la DB5. Notons cependant, fiers compatriotes, que Roger Moore conduisit en 1981 une 2CV dans « Rien que pour vos yeux ». Quatre ans plus tard, une Renault 11 passait à la moulinette 007 pour « Dangereusement vôtre ». Bond, qui avait bien tenté de remplacer l’irremplaçable par une Lotus Esprit convertible en sous-marin I« L’espion qui m’aimait », 19771 est revenu à Aston Martin dix ans plus tard. Dans « Tuer n’est pas jouer », en effet, le remplaçant de Roger Moore effectue quelques figures de patinage artistique au volant d’une V8 Saloon spécialement modifiée par la firme de Newport Pagnell.

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La chaine des classiques


Les chefs-d’œuvre, ces films qui résistent au temps, ont parfois offert à des automobiles la postérité de scènes tout à fait exceptionnelles. Parfois aussi, c’est l’utilisation qui a été faite de l’automobile, considérée comme décor ou comme accessoire, qui participe à la notoriété d’un long métrage. Hollywood, 1950. Le film noir est noir. John Huston présente « Asphalt jungle », l’histoire d’un hold-up raté qui s’achève par la mort ou l’incarcération de ses instigateurs. Distribué en France sous le titre « Quand la ville dort », ce film offre son premier rôle à la jeune Marilyn Monroe.

Sterling HaydenTout l’art de Huston consiste à faire de ses héros malheureux, des victimes. La scène finale dans laquelle Sterling Hayden, blessé et traqué par la police, fuit la ville dans son break Ford pour aller mourir dans un champ auprès de sa seule passion les chevaux est une magnifique parabole. La « jungle d’asphalte » est un cuisant échec commercial, ce qui n’empêchera heureusement pas son génial auteur d’exercer son talent, à travers des dizaines de films, jusqu’à sa fin, en 1987. Autre titre qui sent l’asphalte, « En quatrième vitesse » est tourné cinq ans plus tard par Robert Aldrich. Le film débute la nuit, sur une route déserte. Un roadster anglais pile dans un crissement de pneus : une jeune fille vient de surgir de la route. Le conducteur l’embarque, sans savoir qu’elle l’entraîne vers la mort. Lui, mais aussi son mécano mexicain, celui qui s’écrie « Vavavoum ! » (Onomatopée reprise par Citroën, dans l’une de ses pubs TV, pour la Visa), finira écrasé par le roadster, après qu’une main assassine eut relâché le cric pendant qu’il était en train de travailler sous la voiture. La même année, l’immense acteur Charles Laughton propose « La nuit du chasseur », le seul film qu’il ait mis en scène. Cet objet de culte cinéphilique conte l’histoire d’un tueur psychopathe (Robert Mi-chum) qui poursuit deux enfants dans la campagne. Auparavant, il a poignardé leur mère et l’a précipitée, attachée au siège de sa voiture, dans une rivière proche. La prise de vue sous l’eau, qui surprend la dépouille de Shelley Winters, la chevelure ondoyant au fil du courant, installée par cinq mètres de fond à bord de sa décapotable, est une autre joyau. Nous ne pouvions oublier Orson Welles. Toujours en 1955, il réalise, pour le générique initial de « La soif du mal », l’un des plus beaux travellings de l’histoire du 7e art. La caméra survole une Ford neuve et la suit jusqu’à la frontière mexicaine. Enfin, la voiture passe le barrage et quitte le champ. La caméra est restée sur Charlton Heston, qui devise avec un douanier. Retour à la Ford, qui explose. Nicolas Ray complète cette liste prestigieuse de films américains des années 50 avec « La fureur de vivre ». James Dean, dont la vie et la mort sera agrémentée de puissants coupés, y incarne Jim Stark, le teenager rebelle. Ses jeux sont suicidaires : deux voitures foncent à toute allure vers le précipice. Le premier qui freine a perdu… En France, Jean-Luc Godard déclenche la nouvelle vague. Avec «A bout de souffle » en 59, où Belmondo, au volant d’une Oldsmobile volée, lance irrité : « Y va pas m’doubler, çui là, avec sa Frégate à la con ! ». Trois ans plus tard, dans « Le Mépris », Brigitte Bardot encastre sa Ferrari sous un camion. En 1967 enfin, dans « Week-end », Jean Yanne et Mireille Darc, eux, sont précipités dans un paysage apocalyptique peuplé de cadavres automobiles. Entre-temps, Claude Lelouch a réalisé « Un homme et une femme ».

Jean-Louis TrintignantJean-Louis Trintignant, pilote automobile, y séduit Anouk Aimée aux commandes de sa Ford Mustang. « Les choses de la vie », tourné en 69 par Claude Sautet, compte une scène d’accident d’un réalisme spectaculaire. Une scène annoncée par un montage nerveux (la Giulietta de Piccoli qui fonce au croisement suivant, une camionnette cale) et montée au ralenti sous différents angles.

En voix off, les pensées du conducteur éjecté s’écoulent de son, corps inerte, mais encore vivant. Vittorio Gassman, dans « Le fanfaron » de Dino Risi, avait subi un sort identique, en 1962, au volant de sa Lancia Aurelia. Précipité dans un ravin à cause de son goût immodéré pour la vitesse. En 1974, Marlon Brando est « Le parrain » dans l’adaptation cinématographique du roman de Mario Puzzo. Parmi les morceaux de bravoure, le mitraillage de James Caan au péage d’autoroute figure en bonne place. Dix hommes embusqués criblent sa Lincoln. Caan sort de la voiture, entame un macabre ballet au ralenti, avant de s’écrouler, truffé de plomb. Francis Ford Coppola, réalisateur du film (dont il tournera la suite deux ans plus tard), remporte un succès collossal à l’époque. Issu de la même famille cinématographique, Martin Scorsese met en scène « Taxi driver » en 1976. Robert de Niro y incarne un paumé qui va basculer dans la folie meurtrière. Les scènes tournées dans son taxi, qui fend le crachin newerkais, participent à installer le malaise, puis le drame sur l’écran. Allemand, mais largement imprégné de culture américaine, Jack NicholsonWim Wenders est le cinéaste de l’errance. « L’ami américain », tourné en 77, s’achève sur un ballet automobile auquel participe un break US transformé en ambulance. D’« Au fil du temps » à « Paris, Texas », Wenders conduit souvent ses personnages sur des bandes d’asphalte au milieu de nulle part. Retour final aux USA, pour « Le facteur sonne toujours deux fois ». Tourné par Bob Rafelson en 1981, c’est la quatrième version filmée d’un roman de James Cain où l’automobile incarne l’instrument du malheur. En compagnie de Jack Nicholson, Jessica Lange déguise l’assassinat d’un vieux mari encombrant en accident de la route. Disculpés, les deux amants foncent vers une autre vie. La voiture fait une embardée. Nicholson reprend ses esprits et découvre le corps sans vie de celle qui portait son enfant. Son hurlement de désespoir se perd sur six lettres qui envahissent l’écran : the end.

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Une julienne de cascades


Rémy JulienneS’il y a, en France, un homme qui bat tous les records en matière de cinéma, c’est bien Rémy Julienne, maître des cascades depuis 25 ans. Avec plus de 700 films à son actif, il a « joué » sous la direction des plus grands metteurs en scène et « donné la réplique » aux stars du monde entier. Avant de rejoindre le tournage du prochain James Bond, il nous a livré quelques-uns de ses secrets. « faut souvent un ou deux mois de préparation pour réaliser dix ou quinze secondes de cascades, confie-t-il. Désormais, les scénaristes adaptent leurs histoires aux idées de cascades que nous avons, mon fils Michel et moi. Pour le prochain James Bond, nous allons faire rouler un convoi de cinq énormes camions sur deux roues avant que le héros ne les détruisent ». Bien entendu, Rémy Julienne et son équipe sont spécialisés dans les cascades de voitures, mais aussi de motos et de bateaux, en bref tout ce qui a un moteur. « Nous avons plus de 100 véhicules en stock pour les essais et, durant les tournages, ce sont les fabricants qui nous confient leurs modèles quand ils ont un rôle positif. Autrement, nous travaillons avec des garagistes ». Notre homme n’hésite d’ailleurs pas à frémir quand il se souvient de certaines destructions spectaculaires.

Rémy Julienne« Un de mes plus beaux souvenirs, c’est le tournage de « L’or se barre » (diffusé récemment sur Canal + NDLR) où les cascades ont un rôle prépondérant. Dans ce même film, nous avons « abîmé » franchement deux Jaguar Type E et une Aston Martin, qui sont aujourd’hui des voitures de collection ». Rémy Julienne a une foule d’anecdotes du même ordre à raconter. Il nous a avoué aussi utiliser la vidéo à toutes les étapes de son étonnant métier. Nous ne vous en disons pas plus. Cela fera l’objet d’un reportage, rempli d’images-chocs, à paraître dans quelques mois.

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McQueen cassait beaucoup de moteurs


Steve McQueenDeux ans s’écoulent ensuite avant que « Le Mans » ne soit mis en chantier. John Sturges tourne les premières scènes puis abandonne la réalisation à Lee H. Katzin, après quelques accrochages avec Steve McQueen, acteur et producteur du film. Jean Sage est, cette fois, responsable du parc automobile et pilote. Des Porsche 917 achetées par la production, des Ferrari 512, des Chevron B16 et des Lola PO recarrossées participent au tournage. « McQueen, qui venait de se classer second à Sebring au volant d’une Porsche 908, était un excellent pilote. Mais il cassait beaucoup de moteurs », raconte Jean Sage. Jacky lckx, Jo Siffert, Jean-Pierre Jabouille, Masten Gregory, Richard Attwood et David Piper étaient chargés de piloter les autres voitures. Les cascades périlleuses étaient réalisées grâce à un système de téléguidage dont la mise au point laborieuse occasionna quelques frayeurs à l’équipe de tournage sur le circuit du Mans. La réalisation du film fut également marquée par le grave accident de David Piper. Jean Sage se souvient : « J’étais dans une Chevron derrière lui quand sa 917 est violemment sortie à Maison-Blanche. » David Piper dut être amputé d’une jambe. « Bobby Deerfield » que Sydney Pollack réalise en 1977, est le dernier film en date axé sur le sport automobile. Marthe Keller y est la compagne torturée d’un Al Pacino-pilote de F1 désabusé. La mièvrerie de cette histoire d’amour vrombissante n’a d’égale que la pauvreté des fausses scènes de course. . En France, Lino Ventura incarna par deux fois un personnage passionné de sport automobile. Dans « Les aventuriers » de Robert Enrico (1967), il prépare et pilote un dragster qui finit son dernier run en flamme. Il pilote également une Matra sur le circuit manceau au début du « Ruffian », réalisé par José Giovanni en 1983.

PioneerComme son nom l’indique, cet ouvrage est consacré à la plus belle collection d’automobiles existant en France. Jack Setton, patron du groupe qui porte son nom et qui distribue en France les produits Pioneer (n. 1 de l’autoradio), ITT, Fuji, etc., en est le propriétaire. Passionné de mécanique, mais aussi d’esthétisme, il a tenu à regrouper des bolides qui ont été champions dans leur catégorie. Il serait trop long d’énumérer tous les modèles qui sont soigneusement entreposés, et en parfait état de marche, dans un hangar immense de son château de la région parisienne. Les plus beaux fleurons de Ferrari, Lotus, Jaguar, Renault, Aston Martin, Alfa Roméo, etc. sont réunis. Des Formules 1 aux prototypes des 24 heures du Mans, en passant par de nombreux modèles (luxueux) de tourisme, c’est une véritable histoire de la compétition automobile qui s’étale devant, nos yeux. Vous pouvez retrouver cette folle passion dans c( Une collection d’avance », édité par EPA, et en vente dans tous les magasins spécialisés.

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Moteur : tous en piste !


Tony Curtis Paradoxe : la compétition automobile, sport spectaculaire par excellence, n’a pas jusqu’ici suscité de chef-d’œuvre cinématographique. Pourtant, les stars se sont succédées dans les rôles de pilote. Clark Gable, passionné de belles voitures dans le privé, enfile le premier la combinaison et le casque dans « Indianapolis », tourné vers 1935 par Clarence Brown. En 1954, Tony Curtis incarne un ingénieur qui se lance dans la construction de voitures de course sous la direction de George Sherman pour « Les bolides de l’enfer ». L’année suivante, Henry Hataway réalise «Le cercle infernal », avec l’athlétique Kirk Douglas au volant. Puis c’est au tour d’Elvis Presley de s’installer dans une voiture de course pour une compétition organisée dans une grande ville américaine. Le film de George Sidney s’intitule « Vive Las Vegas » et date de 1964.Dans sa foulée, Howard Hawks enfante d’un vraiment très médiocre ii Ligne rouge 7000 ». En 1966, John Frankenheimer tente une réalisation plus… ambitieuse : « Grand prix », avec James Garner, Yves Montand et Françoise Hardy. Jean Sage, l’homme de la rubrique « Rétro » de L’Automobile magazine, raconte sa participation au tournage. « Les meilleurs pilotes Phil Hill, Jochen Rindt, Graham Hill et d’autres avaient été engagés pour conduire des Formules 1 de la saison précédente ou des F3 maquillées. Les scènes de courses furent tournées sur plusieurs grands circuits de l’époque, dont Monaco. Dans la principauté, nous avons réalisé quelques prises avant le départ du vrai Grand prix. Nous étions en peloton derrière la voiture caméra, une AC Cobra de sept litres. A l’épingle de la gare, Richie Ginther a brutalement percuté Nino Farina qui avait ralenti brusquement. Une mémorable en-gueulade s’en est suivie ». En 1969, James Goldstone dirige Paul Newman et sa femme Joanne Woodward dans « Virages ». Les scènes de course seront tournées en six semaines sur le circuit d’Indianapolis.

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Pleins feux


Steven SpielbergC’est Steven Spielberg, aujourd’hui converti aux superproductions soporifiques, qui a lancé le genre avec son fabuleux « Duel », en 1973. Un camion citerne animé d’instincts meurtriers poursuit la voiture d’un représentant de commerce sur les routes de Californie. En 1973 également, Disney avait déjà donné vie à une Coccinelle, certes. Mais celle qui apparaît dans « Les voitures qui ont mangé Paris » est hérissée de pointes destinées à tuer. L’Australien Peter Weir réalisa ce subtil mélange de loufoquerie et d’horreur après un passage dans les encombrements de notre capitale. Deux ans plus tard, « La course à la mort de l’an 2000 » (« Les seigneurs de la route » en vidéo), filmé par l’Américain Paul Bartel, annonce déjà l’apocalypse « madmaxienne ». Les concurrents d’une sorte de « Cannonball » futuriste déciment avec cruauté les humains qui croisent leur route. . Dans « Enfer mécanique », Elliot Silverstein reprend le thème cher à « Duel » en 1977. Cette fois, pas d’ambiguïté : la limousine noire et meurtrière est possédée par le Diable puisque la moindre croix la fait fuir. Autre référence à Spielberg : la scène finale, où la voiture est dynamitée comme le requin des « Dents de la mer ». « Mad Max » surgit, en 1979, au volant de son Interceptor pour tenter de rétablir l’ordre et la loi. Il fonce à la poursuite de voyous sanguinaires à travers l’immensité du désert australien. Toujours réalisé par l’Australien George Miller, les deux « Mad Max » suivants précipitent notre héros (Mel Gibson) dans un paysage post-atomique. Ici, plus de loi : chacun lutte pour sa survie. Plus de véhicules conventionnels, mais des chevaux mécaniques parfois animés par des réacteurs d’avion.

 

Mad MaxDans « Mad Max 2 » l’attaque finale du camion, réalisée à la façon de John Ford lorsqu’il filmait des Indiens à l’assaut d’une diligence, restera dans les annales. Suivront plusieurs pâles imitations, dont « Mégaforce », d’AlNeedham. Héroïne négative de « Christine », tourné en 1983 par John Carpenter, une Plymouth Fury, tombée des chaînes Chrysler en 1957, tue par jalousie. Elle supprime son premier propriétaire puis envoûte le malheureux jeune homme qui, des années plus tard, la restaure. Finalement transformée en compression de César, la Plymouth continue d’émettre ses mauvaise ondes. Dans « Retour vers le futur » (Robert Zemeckis, 1986), un savant illuminé invente une voiture à remonter le temps. Une De Lorean dans la réalité, maquillée pour le rôle.

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French connection éblouit les spectateurs


La poursuite de « Bullitt » reste, vingt ans après sa réalisation, une référence. Aucun film policier n’a su depuis renouveler le genre. L’utilisation spectaculaire d’automobiles a changé de camp cinématographique : elle a plutôt servi les films de science-fiction ou* les comédies au cours de ces dernières années. AUTRES FILMS POLI-CIERS : La série des « Ju-dex » (Louis Feuillade, 1917-1935). «Ça. com-mence à Vera Cruz » (Don Siegel, 1949) : Robert Mit-chum, traqué, fonce vers la frontière mexicaine. « Un homme est passé » (John Sturges, 1955) : la Jeep de Spencer Tracy (manchot) prise en chasse par la Chrysler 1940 de Robert Ryan. « Echappement li-bre » (Jean Becker, 1963) : Belmondo et sa Triumph plaquée or qui fond finale-ment sur les quais. « Bon-nie and Clyde » (Arthur Penn, 1967) : où Faye Du-naway et Warren Beatty sont abattus dans leur pro-pre Ford. « L’affaire Tho-mas Crown » (Norman Je-wison, 1968) : McQueen et Dunaway font du Buggy dans les dunes. « La bande à Bonnot » (Philippe Fou-rastié, 1968) : le premier hold-up réalisé en automo-bile. « Ho ! » (Robert Enrico, 1968) : le fric de Bel-mondo brûle dans son coupé en compagnie de la belle Johanna Shimkus. « Le clan des Siciliens » (Verneuil, 1969) avec Gabin et Delon. « L’or se barre » (Peter Collinson, 1970) : Michael Caine embarque les Mini Cooper dans le camion. « Vanishing point » (Richard Sarafian, 1970) : de Denver à San Francisco, Barry Newmann se lance, au volant de sa Dodge Challenger, dans une course folle qui s’achèvera contre deux bulldozers. « Getavvay » (Sam Peckinpah, 1972) : où McQueen remet ça. « Chi-natown » (Roman Polanski, 1974) : la tête de Dunavvay, transpercée d’une balle, bloque l’avertisseur de sa Packard devant Nicholson atterré. « Sugarland ex-press » (Steven Spielberg, 1974) : folles poursuites et prise d’otages par l’auteur de « Duel ». « Larry le din-gue, Mary la garce » (John Hough, 1974) : Peter Fon-da, pilote de course fau-ché, braque un supermar-ché. « Driver » (Walter Hill, 1978) : pour Ryan O’Neal et sa Pontiac Trans Am 6.6 litres. « Subway » (Luc Bes-son, 1 985) : Christophe Lambert est poursuivi par des tueurs en Mercedes au tout début du film. Sa 205 GTI termine dans le Métro.

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