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Le serviteur du diable


Arrivant de Philadelphie avec sa délicieuse épouse, le révérend Julian débarque dans un village perdu du Montana. Mais dès son arrivée, le pasteur est confronté à des habitants tenaillés par la peur, gouvernés par un shérif faible et timoré, et entièrement soumis aux exigences d’une famille qui détient l’eau, donc le pouvoir. Alors que Julian parvient à rétablir l’ordre et la loi, la disparition de sa femme, partie avec un autre homme, va le pousser à commettre une succession d’actes violents et de meurtres. «Le serviteur du Diable » est un titre bien pompeux pour décrire un homme qui ne fait que se venger de son destin. Argument de vente oblige, le producteur (qui n’est autre que l’acteur principal) a sans doute voulu s’attirer les faveurs d’un plus large public. Ceci explique cela. En dehors de cet aspect quelque peu négatif, le film est excellent. La surprise est en effet agréable puisque le scénario de ce pseudo western donne lieu à une très belle histoire, superbement interprétée par Willie Nelson (qui signe également la musique, of course) et Morgan Fair-child. Le mythe du « poor lone-some cow-boy » nous est ici servi sur un plateau. Un plat qui doit, évidemment, être dégusté avec le recul nécessaire, que le titre (malheureuse initiative) nous impose.

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Omega syndrome


Omega syndrome Jessie, la fille de Jack Corbett, un vétéran du Vietnam devenu journaliste, est enlevée lors d’un hold-up dans un supermarché de Los Angeles. Les kidnappeurs ne sont autres que les membres d’Oméga, un redoutable groupe de terroristes néo-nazis qui, par des attentats sanglants, tente d’instaurer le « pouvoir blanc » à Hollywood. Face à l’impuissance des forces de l’ordre, Corbett fait appel à un ancien inspecteur des forces spéciales pour essayer de délivrer Jessie. Ensemble, ils vont remonter la filière pour démanteler Oméga. Ce film signé Joseph Manduke (ancien assistant d’Elia Kazan, Robert Wise, John Huston…) est un polar de série mené à train d’enfer. Les cascades se succèdent à un rythme effréné, ce qui nous offre une action qui jamais ne retombe. Ken Wahl (Jack Corbett) fut le partenaire de Paul Newman dans» Le policeman », et la vedette de » Un Flic dans la Mafia ». C’est dire s’il est allé à bonne école. Enquête, suspense, action, le cocktail prend bien et nul ne s’en plaindra. De quoi passer un agréable moment, malgré un trop plein de croix gammées.

Les maître de la mort

Bel exemple de coproduction en accord avec le sujet. Les réalisateurs américains, Scott Thomas, et japonais, Lee Doo Yong, ainsi qu’une distribution américano-nipponne, se sont mis au service de ce film d’action jouant à la fois sur le polar et le film d’arts martiaux. De l’action, toujours de l’action. Et du rythme ! Point de temps morts, ici. On kidnappe un savant qui détient le secret de sa nouvelle invention : une arme de mort à grande échelle. Un flic de Los Angeles part en chasse.., pour découvrir que les vilains kidnappeurs sont des agents de la CIA corrompus de mèche avec la Mafia japonaise. Aidé par son al-ter-ego coréen, le flic de L.A. passe à l’action. Les Ninjas sortent les sabres et leurs gadgets mortels. Pas subtil, mais très efficacement réalisé. On a aussi le plaisir de retrouver Sam Jones qui fut un blond décoloré « Flash Gordon », avant de se voir enterrer avec l’insuccès du film. Et Linda Blair loin de « L’exorciste », mais proche de toutes ces séries B d’action où elle tente vainement de trouver un second souffle.

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Sens unique


Sens unique Mystère au Pentagone ! Kevin Costner, qui fut la révélation des « Incorruptibles » dans le rôle d’Eliot Ness, incarne ici un lieutenant de l’US Navy qui, s’étant fait remarquer par sa conduite héroïque, est distingué par le ministre de la Défense (Gene Hackman). Celui-ci lui confie, dans ses services, un poste de confiance : il s’agit de démêler le vrai du faux dans une sombre intrigue de crédits militaires, de marché d’armements et de vrai-faux rapport de la CIA sur les progrès de l’Armée Rouge. Là-dessus se greffe une histoire de cœur. Notre officier se paie une idylle avec la sublime Susan (comment ne pas craquer pour la délicieuse, la pétillante Sean Young?( qui ne lui cache pas qu’elle est entretenue par un puissant personnage. Nous savons, mais notre héros ne levait pas, qu’il s’agit de Gene Hack-man lui-même. La jalousie s’en mêle et c’est le drame. Mais chut ! Ce ne sera que la première surprise d’une série hallucinante de rebondissements, jusqu’au coup de théâtre final. Sachez seulement que Costner sera chargé d’enquêter sur un meurtre dont il est, sinon le coupable, du moins le suspect N° 1. Piège infernal ! A coup sûr, un des meilleurs films américains de ces derniers temps.

La maison assassinée

La maison assassinéeL’auberge de la Burlière, quelque part dans le Midi, c’est un peu I’« Auberge rouge » de sinistre mémoire. En 1896, la nuit de la St-Michel, on y a découvert l’aubergiste et sa famille, assassinés. Le temps a passé. La grande guerre a éclaté. Et puis, vingt-quatre ans après le drame, un jeune homme est arrivé. C’est lui qui, encore nourrisson, a échappé jadis à ce massacre. Alors, on le comprend, il veut découvrir la vérité. Percer le lourd secret qui plane sur le village. Briser la loi du silence qui unit ses habitants contre l’intrus. Alors, ceux qui veulent parler commencent à mourir mystérieusement. Sorcellerie, envoûtement ? Le mystère s’épaissit et, bizarrement, Séraphin se met à détruire la maison du crime. Comme s’il avait une idée derrière la tête. Et dès lors, nous irons de surprise en révélation. A l’origine de ce film inhabituel pour Georges Lautner, il y a un roman de Pierre Magnan, un polar historique très astucieux, situé en 1920. Captivant. Et Lautner a retrouvé ce qui faisait le charme du cinéma français des années 30/40 : le goût des dialogues ciselés et des comédiens bien choisis. Mention spéciale aux» trois grâces «qui évoluent ici autour de l’orphelin-justicier : Agnès Blanchot, aperçue dans « Scout toujours », d’une fraîcheur et d’une spontanéité rares, Anne Brochet, moins gnangnan que dans « Masques » de Chabrol, émouvante, et l’étonnante Ingrid Held, qui fut la vedette de « Ennemis intimes ». En jeune veuve insolente, ardente, attirante, elle crève l’écran.

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La mémoire dans la peau


La mémoire dans la peau Réalisé par Roger Young, grand spécialiste de téléfilms ambitieux (« Goulag », « Extremities » ou encore la série « Lou Grant ») à qui l’on devait» Signé Lassiter », avec Tom Selleck, «La mémoire dans la peau «est une de ces miniséries TV qu’a produit et que se réserve en exclusivité la vidéo pour une bonne dizaine de mois. Richard Chamberlain y est un amnésique, recueilli blessé un soir sur une plage par une « drôle de dame » nommée Jaclyn Smith… Est-il un membre d’un service d’interventions spéciales de la CIA ? Ou est-il le dangereux terroriste Carlos ? Pour retrouver la mémoire et découvrir la vérité, le couple plonge dans le monde dangereux des services secrets, du terrorisme-et de la politique. Leur enquête les mènent de Zurich à Paris (où le film fut tourné en partie) et à New York. Bénéficiant d’une mise en images et d’une réalisation très habiles, «La mémoire dans la peau » s’offre aussi une jolie distribution avec de solides seconds rôles : Denholm Elliot, Anthony Quaid, Donald Moffat… parfaites gueules d’espions fonctionnaires et manipulateurs de pions sur le grand échiquier politique international ! Présenté en exclusivité en cassette par Warner, «La mémoire – dans la peau » permet de vivre la palpitante aventure en un soir (non pas trois semaines consécutives comme ce sera le cas, lorsqu’une chaîne se décidera à acheter ce bon divertissement) et sans interruption pour spots publicitaires.

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Etroite surveillance


Etroite surveillance Deux flics sont chargés par le FBI de surveiller l’ex-compagne d’un dangereux gangster, récemment évadé. Les deux hommes s’établissent dans un appartement abandonné face à la maison de la jeune fille, et y installent télescopes, caméras, micros et magnétophones. La planque s’annonce morose. Sauf que l’objet de la surveillance s’avère être sacrément sexy et que l’un des deux flics, outrepassant ses droits, entame une liaison amoureuse avec elle. Le scénario plagie allégrement celui de « Du plomb pour l’inspecteur », revu récemment au Cinéma de minuit. Cette réticence admise, « Etroite surveillance » se déguste avec un plaisir certain. John Badham a eu l’idée de faire virer son polar classique vers la comédie, ce qui lui donne un rythme différent et un souffle neuf. Il est servi dans ce sens par la prestation de Richard Dreyfuss, qui arrive à faire le pitre tout en conservant sa crédibilité de policier. Ajoutez à cela la présence de Forest Whitaker, l’inoubliable Bird, les débuts de la ravissante Madeleine Stowe, et vous comprendrez que c’est un film à surveiller de près.

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In extremis


illustrationC’est le premier film d’Olivier Lorsac, qui fut d’abord un courageux producteur (« La pirate ») et un homme de pub. On aime bien Sophie Duez et on peut très bien comprendre qu’elle suscite la passion de deux hommes aussi séduisants que Tango et Rock (mais pourquoi les avoir affublés de ces noms allégoriques ?). Pour les beaux yeux de Sophie-Alice, Tango le joueur se déguise en Rock, fameux truand solitaire. Casus belli ! Pourtant, une complicité, une amitié paradoxale va naître entre ces deux rivaux et Alice les aimera tous les deux, ensemble. Il y a aussi un commissaire qui se languit pour elle, mais elle ne l’aimera jamais parce qu’il n’est» ni beau, ni séduisant ». Résumons-nous : intrigue extra-mince, pour ne pas dire inexistante. Hold-up pour rire ou pour de vrai, fugue, cavale à travers la France. Jolis paysages, c’est la moindre des choses. Le thème du ménage à trois, qui eût été jadis provocateur, est traité en bluette hamiltonienne, avec scènes attendrissantes sous la douche ou dans les draps. Bref, ne tirons pas davantage sur l’ambulance. Quelle idée aussi d’avoir choisi, à part Sophie Duez, des « comédiens » aussi transparents, aussi inconsistants ?

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Un zoo, la nuit


Un zoo, la nuit Climat étrange et fascinant que celui d » Un zoo, la nuit ». Montréal. Les gratte-ciel modernes semblent loin, inaccessibles. Le héros du film, jeune musicien complètement paumé, évolue dans une ville où le quotidien, sordide, aurait décidé de rejoindre l’Apocalypse au pas de course. Il sort de prison, il rêve d’aller loin. Mais, pour le moment, il est coincé par ses racines. Deux « amis » dealers qui sont prêts à toutes les violences physiques pour récupérer un certain paquet. Un père, prêt à toutes les violences sentimentales pour récupérer et sortir son fils de l’ornière. Entre père et fils, s’établit une relation de tendresse et de découverte réciproque tout à fait bouleversante, loin de la ville, sur un lac à pêche que toute la corruption du monde n’a pas pu encore atteindre. Mais le monde de la nuit urbaine est là, comme une « sirène », comme un maelström auquel il est dur de résister : monde de corruption, d’épaves et de paumés. Pour cette balade à fleur de peau, Jean-Claude Lauzon a trouvé les couleurs et le ton justes, entre poésie et naïveté, entre angoisse sourde et violence ouverte, en humour glacé et grand rire libérateur. Une vraie écriture cinématographique, à découvrir d’urgence.

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