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Road house


Road houseUne bonne et une mauvaise nouvelle pour les fans du remuant Patrick Swayze. La bonne. Swayze, absent des écrans depuis «Dirty dancing», est revenu. La mauvaise : «Road house», le film de son retour, ne laissera vraiment aucune trace dans sa filmographie. Une question se pose à nous, mais qu’est-il allé faire dans cette galère? Campant un videur de discothèque intègre au cœur d’or-baraqué-chic type, bref, un authentique cliché ambulant, Swayze roule superbement des mécaniques. Et à part ça ? Euh… Pas grand chose. Ou plutôt une seule de la castagne, encore et toujours. Les coups volent entre Swayze et des loubards de banlieue («Agueu je veux rentrer dans la boîte — Tu ne rentreras pas», pif,paf, crac, boum, hue), Swayze et le méchant caïd du coin, incarné par Ben Gazzara (« Mais qui est ce petit merdeux qui me nargue ? — Quoi? Il m’a traité de petit merdeux?», re pif, paf, crac, boum, hue), Swayze et les hommes de main du méchant caïd («Butons-le, les gars — Ouais, c’est ça, approchez et vous êtes morts, bing, bang, scratch »). De temps à autre, une jolie blondinette (médecin à ses heures perdues) se dévoue pour assurer le repos du guerrier à Swayzie-la-castagne («Oh oui, honey, c’est toi le plus beau»). Résultat des courses un film qui ressemble fort à une version dissidente de «Karaté kid chez les bouseux» et, surtout, une erreur de parcours dans !a trajectoire de Patrick Swayze. Tout le monde peut se tromper…

Mélodie pour un meurtre

Mélodie pour un meurtreLa mélodie est un vieux tube sirupeux des années 60 («Sea of love»). Le meurtre est celui d’un homme en train de mimer l’acte sexuel sous la menace d’un revolver et qui est foudroyée par une balle dans la tempe au moment où il va jouir. Un meurtre à répétition, car la police se trouve bientôt devant trois cas semblables. Les victimes étaient des coureurs de jupons, recrutant leurs aventures d’un soir par petites annonces érotiques. Reste aux policiers à passer eux-mêmes une annonce et à attendre les résultats. Réalisé par Harold Becker (auteur, jadis, de l’excellent «Tueurs de flics», avec James Woods et John Savage), «Mélodie pour un meurtre» est un thriller romantique. Mais comme nous abordons les années 90 (l’histoire d’amour de l’an 2 000 se déroulera entre un flic et une putain, prédisait Chandler ou un autre), la romance se place ici, d’emblée, sous le signe de la passion sexuelle, et le film abonde en «scènes torrides». Le fait qu’elles soient jouées par Al Pacino et Elles Barkin leur donne un piment supplémentaire et constitue un gros atout commercial. Malheureusement, cet aspect du film semble avoir été développé pour masquer la minceur du scénario de base, les situations répétitives, les coïncidences grossières (la «suspecte» et son revolver d’alarme). «Mélodie pour un meurtre» est plaisant à voir. Mais pas de quoi en faire un tube.

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Bandini


BandiniDécembre 1928, une petite ville du Colorado. Arturo Bandini a douze ans et deux passions le base-ball et Rosa, • une camarade d’école. Mais les temps sont durs, en cette veille de Noël, pour cette famille d’émigrés italiens. Svevo, le père, a perdu son emploi de maçon, et Maria, la mère, doit supplier l’épicier de lui faire crédit. Tout bascule le jour où Svevo trouve un travail chez une riche veuve, Mme Hildegarde… Le premier roman autobiographique de John Fante a été admirablement adapté par Dominique Deruddere. Il a su rendre parfaitement l’atmosphère de l’époque et l’émotion de cette histoire simple aux personnages plus qu’attachants. Pour les interpréter, il a fait appel à Michael Bacall (exceptionnel en Arturo Bandini), à une Ornella Muti sans fard (une nouvelle carrière s’ouvre devant elle), à une toujours aussi splendide Faye Dunaway et à un Joe Mantegna («Engrenages», «Parrain d’un jour») «gigantesque». S’il manque cette petite touche de génie qui fait les chefs-d’œuvre, ce «Bandini» reste un film bouleversant à ne pas rater…

Retour vers le futur 2e partie

Retour vers le futur2De retour du passé, où il a donné un coup de pouce au destin en unissant… ses propres parents, Marty se voit, cette fois, obligé de faire un saut dans le futur (toujours en compagnie de l’ineffable «Doc» Brown), afin d’empêcher son futur rejeton de commettre un hold-up qui ruinera son avenir et celui de sa famille. Mais un incident de parcours fait que, lorsque les deux hommes reviennent au présent, celui-ci a été changé, et en nettement pire. Il leur faut donc retourner dans le passé, à l’époque du premier «Retour vers le futur» exactement, pour éliminez l’incident qui a sa source dans le futur et rétablir le présent tel qu’il devrait être. Comme si ce n’était pas suffisamment compliqué, ils devront faire attention à ne pas croiser leurs doubles du premier épisode, eux-mêmes revenus du futur, etc. Ce deuxième épisode d’une saga délirante (qui explore avec intelligence plusieurs thèmes de prédilection de la science-fiction voyages dans le temps, mondes parallèles, uchromies, etc.) est un feu d’artifice : rythme, humour, retournements de situations, gadgets… Zemeckis et Spielberg font feu de tout bois et n’ont qu’une ambition : distraire. Ils y parviennent avec virtuosité et trouvent même le moyen de terminer ce deuxième épisode par un gag génial, qui nous fait attendre la suite avec impatience.

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Delta fête Rambo sur le Rhin


Une cassette double diamant pour «Rambo 3», ça se fête. Mireille et Michel Poirier, les heureux éditeurs de la saga des. «Rambo», avec le célébrissime Stallone, ont organisé pour l’occasion, du 25 au 27 novembre, un week-end de détente et de loisirs sur le Rhin, en Allemagne. L’équipe de Delta Vidéo a tenu à associer à ce voyage tous ceux qui, depuis des années, ont cru en la réussite de la société et ont participé au développement du label Delta. Mireille et Michel Poirier ont ainsi voulu remercier Bell Howell, le distributeur des cassettes Fuji en France, les laboratoires de duplication Socam, Télétota, Eclair et Telcipro, les journalistes ainsi que les vidéoclubs et les grossistes qui leur ont fait confiance. Après une traversée de la Belgique en car, les invités ont embarqué, à Düsseldorf, à bord du tafia pour une croisière de deux jours à la découverte des merveilles du Rhin. Au cours du voyage, les participants ont pu visiter Cologne, métropole rhénane célèbre pour sa cathédrale gothique, flâner dans les ruelles typiques de Linz et connaître la vallée romantique, ses châteaux et le rocher de la Lorelei. La soirée de gala et de remise des trophées, sur le Britania, a permis à Michel Poirier d’annoncer quelques bonnes nouvelles pour la société. Dans un souci de croissance, Delta Vidéo a changé d’actionnaires et a choisi un nouveau partenaire majoritaire, Super Club, groupe belge fortement engagé dans divers secteurs de l’industrie du film et de la vidéo. Les -activités de Super Club couvrent, entre autres, la distribution de films et de cassettes, l’acquisition des droits cinéma et vidéo ainsi que la distribution de ces droits au niveau mondial. Delta termine l’année 1989 en beauté. L’attribution d’une cassette double diamant (12 millions de francs de CA) pour «Rambo 3» conforte la position de Delta en tant qu’éditeur indépendant face aux majors compagnies.Rambo 3 En effet, Delta Vidéo a vendu plus de 150 000 cassettes de «Rambo 3» et a réalisé un chiffre d’affaires, vente et location confondue, de près de 15 millions de francs sur ce titre. Pendant la soirée, d’autres trophées ont été remis aux représentants de cette dynamique société. «Double détente», de Walter Hill avec Arnold Schwarzenegger et James Belushi, a obtenu une cassette de platine, «Heros», avec Chuck Norris, «Salsa», «Karaté tiger», avec Jean-Claude Van Damme, et «L’arme absolue» ont reçu une cassette d’or. Delta Vidéo ne compte pas s’endormir sur ses lauriers en 1990 et prévoit d’ores et déjà de nombreux titres musclés pour l’année prochaine. «Cyborg», avec Jean-Claude Van Damme, «Messager de la mort», avec Charles Bronson, «Platoon leader», avec Michael Dudikoff, sont attendus dans les vidéoclubs. L’éditeur prévoit également les sorties de «Un cri dans la nuit», avec Meryl Streep, prix d’interprétation féminine au Festivals de Cannes 89, «Men’s club», réunissant entre autres Roy Scheider, Treat Williams et Harvey Keitel, et «Cat’s eye» d’après Stephen King. Par ailleurs, Delta a acquis les droits de films importants (en préparation ou en tournage) qui alimenteront le catalogue sur 90-91. Au programme : «Highlander 2» avec Christophe Lambert, «Russia house» avec Sean Connery, «Dinosaurs» avec Gene Hackman et Mikhail Baryshnikov, «Desperate hours» de Michael Cimino, le réalisateur de «L’année du Dragon», avec Mickey Rourke, «Fourth war» avec Roy Scheider… Une programmation alléchante qui promet de grands moments.

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Les hifis


Même utilisée avec un magnétoscope hifi stéréo, une cassette hifi enregistrera le son en mono, les émissions de télévision françaises sont encore retransmises en mono. En l’état actuel, leur utilisation n’est donc nullement indispensable. Signalons tout de même qu’elles se prêtent bien à la conservation d’enregistrement et que leur sensibilité est généralement excellente.

Les S-VHS et 8 mm Hi-Band

Ces cassettes « dopées » sont réservées aux heureux possesseurs de magnétoscopes ou caméscopes Super-VHS, connus sous l’appellation S-VHS ou 8 mm Hi-Band. Leur prix est élevé mais leurs performances aussi.

Les Pro

Cette dernière catégorie va peut-être disparaître, supplantée maintenant par les cassettes S-VHS ou 8 mm Hi-Band. Réservées aux professionnels (duplication, par exemple), elles offrent une grande fiabilité et pourront servir à archiver un document précieux. Elles sont désignées sous les appellations Professional Quality, Master Quality, Pro-X, Studio Performance…

Conseils d’utilisation

Les cassettes vidéo sont assez fragiles et quelques gestes simples, mais nécessaires suffisent parfois à les préserver des méfaits du temps. Idéalement, une cassette vidéo doit être rangée à la verticale, abritée de la chaleur, de l’humidité, de la poussière et des champs magnétiques parasites (ne jamais laisser une cassette vidéo près d’un téléviseur, d’une chaîne hifi ou de tout autre appareil électronique). Lors de la lecture, l’utilisateur ne doit pas abuser de certains effets (ralenti, arrêt image) qui, répétés, abîment la bande, la fragilisent et favorisent l’apparition de dépôts. Après la lecture, une cassette doit être rembobinée et retirée du magnétoscope, afin d’éviter un étirement de la bande. Une cassette doit être visionnée régulièrement pour éliminer les impuretés et conserver les couleurs de l’enregistrement initial. A défaut, faire défiler la bande à grande vitesse puis la rembobiner-. Cette technique est également utilisée pour nettoyer la bande de ses «drop-out».

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L’alchimie des cassettes


Les industriels conservent jalousement leurs secrets de fabrication (composition des émulsions), mais la marche à suivre reste la même pour tous les types de cassettes. La bande magnétique se compose en effet de trois éléments essentiels : le polyester étiré, l’émulsion d’oxydes magnétiques et le liant (dispersant, solvant, résine…). Dans un premier temps, des machines mélangent les oxydes et les liants. Ensuite, le polyester est étiré et recouvert d’une couche de pâte magnétique. Visqueuse, la bande passe dans un champ magnétique destiné à orienter les particules d’oxyde dans la même direction. La bande est ensuite séchée puis calandrée, opération au cours de laquelle sont éliminées les excroissances de surface susceptible de provoquer des pertes de niveau lors de l’enregistrement. La bande est alors prête à être découpée pour prendre place dans des boîtiers fabriqués selon le principe du moulage à injection. Le calibrage du boîtier doit être très précis afin que le galet de guidage ne vienne pas griffer la bande en cours d’utilisation.

cassettesQuelle catégorie choisir ?

Le choix s’avère difficile d’autant que l’appellation est laissée au libre arbitre du fabricant. Dans bien des cas, une cassette standard d’une certaine marque donnera d’aussi bons résultats qu’une High Grade d’une autre marque.

Les Standard

Ce sont les moins onéreuses, mais pas forcément les moins performantes. Elles sont désignées par les lettres HR (High Résolution), QG (Quality Grade), HO (High Quality), DX, EQ (Extra Quality), PG (Premium Grade), ou par les vocables «Standard», «Regular»… Elles enregistrent correctement, conservent tout aussi bien, mais ne permettent pas d’effectuer de nombreux réenregistrements. Les High Grade on peut distinguer les High Grade et les Super ou Extra High Grade, souvent désignées par les lettres XHG ou EXG. Elles permettent de faire plusieurs enregistrements successifs et offrent une conservation plus longue. Elles sont également moins sujettes aux «drop-out».

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La guerre des bandes


Une douzaine de marques se partagent un vaste marché en expansion constante pour une fois, les Européens font mieux « que se défendre ». A qualité (presque) égale, comment faire le bon choix pour enregistrer «Sacrée soirée» ou «Le docteur Jivego»? Visite guidée signée Christophe Perrier. Si toutes les cassettes vidéo ont la même fonction (enregistrer et lire), leurs qualités ne sont pas identiques et elles réagissent parfois différemment à l’épreuve du temps. Une bande vidéo est constituée d’un support en polyester enduit de particules métalliques qui sont magnétisées pour passer devant les têtes audio-vidéo du magnétoscope. Ces particules sont uniformément dispersées au moyen d’un liant.

Différents composants pour différentes cassettes

Il existe quatre types de cassettes vidéo auxquels il convient maintenant d’ajouter les S-VHS et les 8 mm Hi-Band.

Les cassettes au chrome :

elles donnent de bons résultats. La couche magnétique qui les compose est de couleur noire et les cristaux aciculaires (c’est-à-dire cristallisés en fines aiguilles) relativement petits.

Les cassettes Super Avilyn :

la couche magnétique est composée de très fines particules qui sont des ions de cobalt. Les résultats obtenus sont excellents et la stabilité magnétique de ces bandes n’est plus à démontrer.

Les cassettes Béridox :

La couche magnétique est semblable à celle des Super Avilyn, mais les fines particules qui y sont introduites ont une structure intermédiaire entre l’oxyde de fer et l’hématite classique. Elles bénéficient d’une bonne stabilité magnétique et la finesse des oxydes prévient l’usure des bandes. .

Les cassettes à métal évaporé (Metal Powder) :

réservées au format 8 mm, ces bandes utilisent un procédé de dépôt des oxydes par évaporation. L’enduction et la répartition des particules se font de façon uniforme.

Les cassettes S-VHS et 8 mm Hi-Band :

l’amélioration des formats vidéo a conduit les fabricants à «doper» les bandes, pour leur permettre d’absorber plus d’informations. Pour jouer avec la petite taille des cassettes 8 ,mm, Sony a mis au point, pour sa nouvelle bande Hi-8 Métal P, des particules métalliques encore plus fines (un tiers plus petites que celles habituellement utilisées). Elles ont, de plus, une forme allongée et sont disposées en diagonale. Le signal vidéo gagne ainsi 3 dB par rapport à une bande métal standard.

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Le degré d’horreur


horreurDepuis les débuts du fantastique, autant dire que, depuis l’éclosion du cinéma, il y a eu une escalade dans la peur, dans l’épouvante. Chaque nouvelle génération apportait des images qui suscitaient des commentaires ébahis, du genre «On ne pourra jamais rien montrer de plus horrible sur un écran». Voir le slogan du fameux «Blood feast», acte de naissance du gore au début des années 60 : «Le film d’horreur qui met un point final à tous les films d’horreur.» La suite a montré qu’en la matière il n’y a jamais que des points de suspension. De fait, la surenchère dans l’horreur n’a jamais connu de pause et, dans ce sens, les années 80 furent les années gore. Mais contrairement à ce qu’on pense parfois, le gore n’est pas un genre de film, c’est un état d’esprit, comme le rock en musique, comme le libertinage en érotisme. Il y avait quelques fractions de seconde gore dans les films anglais de la Hammer, il y en a quelques minutes dans des productions des années 70, davantage aujourd’hui — tandis que, parallèlement, c’est essentiellement le sujet de certains films quasi-clandestins depuis les légendaires incunables de Herschell Gordon Lewis, «Bloodfeast» et autre «2000 maniacs». Aujourd’hui, même chez les plus importants et les plus prestigieux, le gore est devenu un ingrédient comme un autre. L’«accouchement» monstrueux de John Hurt dans «Alien», le meurtre au rasoir d’Angie Dickinson dans «Pulsions», la main arrachée de «Mad Max» ou les doigts» coupés de «Mad Max 2», les sanguinolentes mutations de «The thing», l’horrible métamorphose de «La mouche» comme la morbide boucherie chirurgicale de «Faux semblants» : autant de morceaux de bravoure qui surprennent et traumatisent le spectateur de films d’auteur, pas forcément habitué aux folies de l’épouvante. C’est qu’il y a désormais un pourcentage d’hémoglobine dans n’importe quel film de la galaxie fantasticoïde, comme on parle ailleurs de pourcentage de matières grasses. Et certains ne se privent pas de cultiver le cent pour cent — ou plutôt le «sang pour sang» comme dit le titre français de l’excellent «Blood simple». Ce ne sont plus des ruisseaux, ce sont des fleuves rouges, des Niagara écarlates… Le tout-gore s’est imposé avec la complicité du rire, accouchant d’un sous-genre, comme on dit aujourd’hui, tant l’arbre de l’horreur a nourri de répugnants bourgeons. La descendance est vivace des «Nuits des morts vivants» et autre «Zombie» signés Romero. L’Italien Lucio Fulci a réalisé «Frayeurs» puis «L’éventreur de New York» (1982). Le tout jeune Sam Raimi nous laisse pantois avec son «Evil dead» (1984 La série «Freddy» est farcie de gags et de gore, et avec elle on franchit un nouveau degré : c’est cet épouvantail, ce croquemitaine pour enfants pas sages des années 80, qui devient le véritable, héros. Simple assassin sadique au début (il ne figure même pas dans le titre des «Griffes de la nuit»), il prend bientôt la dimension d’une véritable idole des teenagers. Puis ce sera le délire hystérico cocasse de «Re-animator» (1985), un de ces films-cultes qui lance une nouvelle compagnie, l’Empire de Charles Band, avec une résurrection spectaculaire du Grand-Guignol de nos grands-pères, de la même façon que son savant fou de héros -ressuscite les cadavres à l’aide d’une potion magique à sa façon. Dans la foulée, le monstre verdâtre et pustuleux de «Toxic avenger» (1985), de la firme Troma, n’est pas mal non plus… Il faut dire qu’il est tombé dans un tonneau de déchets radioactifs ! Encore plus drôle : le monstre surgi du placard de «Monster in the closet». .En revanche, Frank Henenlotter est un auteur dont les fantasmes goresques recoupent des hantises dérangeantes, comme le handicap dans «Frère de sang» ou la drogue dans «Emer, le remue-méninges». Le rire grince, il est loin de celui qui plébiscitait «Le bal des vampires» : il ne raille plus le fantastique, il l’accompagne dans ses délires. Voilà donc où nous en sommes. Le fantastique est-il à bout de souffle ? Il n’est pas absurde, aujourd’hui, de se poser cette question, qui n’est pas forcément péjorative, car on peut toujours reprendre son souffle. Mais les faits sont là : comme on vient de le voir, le fantastique a été propulsé par un quadruple essor. Il en est deux qui ont leurs limites. On ne peut battre sans arrêt de nouveaux records de budgets, pas plus qu’on ne peut surenchérir perpétuellement sur les images horribles. Ce qui ne signifie pas qu’il faille, à rebours, sacrifier à la psychologie qui a tué le fantastique des années 30 ! Tant qu’il y aura des auteurs qui se passionneront pour ce cinéma, il n’y aura pas de raison de désespérer. Plus inquiétante est l’absence d’une véritable relève inter: nationale, le rétrécissement du fantastique comme spécialité made in USA. L’expansion du cinéma australien a été un phénomène sans lendemain des années 70. L’Italie piétine entre Dario Argento et Lucio Fulci, preneurs de train en marche et fabricants d’ersatz. L’Angleterre, si florissante naguère, a cru voir le signe d’une renaissance avec «Hell raiser», dont le second volet a déçu. La France reste le domaine des tentatives sporadiques, celles de Mocky («Litan»), de Francis Leroi («Le démon dans l’île»), ou de René Chateau («Les prédateurs de la nuit»). Quant à l’hégémonie américaine, la stéréotypie provoquée par le marché teenagers cantonne l’originalité chez les indépendants. Il serait cependant paradoxal que le fantastique soit victime de son propre succès. Le genre a prouvé dans le passé qu’il était capable de rebondir constamment et qu’il lui fallait passer par une période de décadence avant de connaître une nouvelle renaissance. S’il devient difficile d’épater à coups de FX un public désormais blasé dès le plus jeune âge, et aléatoire de battre les records commerciaux de Spielberg et consorts, il y a sûrement, dans le monde entier, des cinéastes en herbe qui rêvent de fantastiques horreurs… Bienvenue à leurs cauchemars !

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Le niveau de créativité


créativitéUn film de série, c’est aussi un film tourné en série. Alors, bien sûr, il y eut des auteurs inspirés dans le fantastique, de Tod Browning à Terence Fisher, mais aussi (surtout ?) de longues cohortes d’excellents artisans qui s’employèrent à appliquer des recettes et à perpétuer des stéréotypes. La nouveauté des années 70, confirmée et confortée dans les années 80, fut l’apparition d’auteurs personnels, volontiers agressifs et provocateurs, tempérée parallèlement par le «recentrage» du fantastique sur le marché désormais le plus lucratif : celui des adolescents. Après avoir bousculé toutes les règles avec son «Massacre à la tronçonneuse» en 1975, Tobe Hooper est récupéré par l’industrie quand il réalise «Poltergeist» et autre «Massacre dans le train fantôme». Même chose pour George Romero, auteur de l’inoubliable et flamboyante «Nuit des morts vivants» en 1968, qui participe désormais aux «Creep show» de consommation courante. Quant à WesCraven, après nous avoir horrifiés avec sa «Dernière maison sur la gauche» ou «La colline a des yeux», il devient l’instigateur de la saga de Freddy avant de donner dans le vaudou des familles («L’emprise des ténèbres»). Ainsi va le commerce qui rentabilise les talents des donneurs de frissons, mais en les dépouillant au passage de tout leur potentiel de malaise. Un phénomène qui va dans le sens de cette édulcoration, de cette banalisation par accoutumance progressive, c’est la loi des séries. On retrouve alors un équivalent sur grand écran des feuilletons TV, terrain encore interdit pour l’horreur. A mesure que se multiplient les épisodes de «Vendredi 13» (démarrage en 1981), où les moniteurs d’un camp de vacances se font invariablement trucider, ou de «Freddy» (un peu plus tard, en 1984), où ce sont des adolescents que persécute un maniaque mort, mais vivant dans leurs rêves, l’originalité s’estompe — il y aura même, bientôt, une série TV qui contera les horribles exploits de Freddy. Il y a, bien sûr, ces cinéastes de prestige qui ont déjà acquis une célébrité internationale et qui apportent leur réputation au fantastique sans qu’on’ sache si c’est celui-ci qui profite d’eux ou eux qui profitent de lui : Ridley Scott («Alien» ou «Blade runner») et Stanley Kubrick («Shining») en sont les prototypes parfaits. D’autres, qui se sont révélés et épanouis dans le fantastique, y évoluent comme des poissons dans l’eau. Citons David Cronenberg, qui se fit remarquer naguère avec un «Parasite murders» bourré de scènes-chocs : il a touché le plus large public avec «The fly» en 1986 puis «Faux semblants» en 1989, films qui comportent pourtant des scènes purement horrifiques, jadis in concevables. Ou bien David Lynch, passé de la production artisanale et de l’inspiration cauchemardesque de «Eraser head» au luxe démesuré de «Dune» pour aboutir à l’insolite glacé de «Blue velvet» — dont beaucoup ont contesté, lors de son grand prix d’Avoriaz, la qualité fantastique. Oui mais voilà, pour paraphraser une mémorable sentence de Luc Moullet : je ne sais pas si «Blue velvet» c’est du fantastique, mais je sais que c’est diablement intéressant, et si ce n’est pas du fantastique, alors c’est le fantastique qui n’est pas intéressant. Et toc ! Il y a encore ceux qui, sans renier leurs exploits, s’en écartent progressivement pour passer à d’autres domaines — voir le cas de Brian De Palma, qui a glissé imperceptiblement au polar puis au film de guerre. D’autres enfin, le Diable en soit loué, qui se distingue en restaurant l’esprit originel et qu’on peut définir par un concept qui a désormais acquis ses lettres de noblesse, et même un prix décerné chaque année à Paris : le cinéma très spécial. A l’instar de l’Américain David Lynch ou du cosmopolite Alexandro Jodorowsky, l’Espagnol Bigas Luna est de ceux-là quand il tourne «Anguish» (1987), délirante histoire d’un tueur maniaque, collectionneur d’yeux humains, et de son émule qui fait régner la terreur dans un cinéma. Comme l’Anglais Clive Barker, écrivain déjà réputé et réalisateur de «Hell raiser/Le pacte» (1986). Comme le Français Jérôme Boivin dont le chien méchant de. «Baxter» (1989) fit grincer tant de dents… Insolite, ironique, iconoclaste, irrévérencieux, bref, en marge des sentiers battus de la culture sclérosée comme des grosses machines forcément édulcorées, le film très spécial nous ouvre de terrifiants horizons. N’est-il pas, au fond, l’héritier des provocations surréalistes d’avant-guerre, en même temps que le grand frère des cancres infernaux de la classe fantastique : les petits gores. Nous y voilà : ça va saigner.

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La nature de l’inspiration


A première vue, on pourrait dire que l’agonie du gothique, dans la première moitié des années 70, a laissé la place libre aux sources d’inspiration d’un fantastique moderne. Aux traditions du folklore, les cinéastes ont substitué des préoccupations plus contemporaines. La réalité est beaucoup plus nuancée. Agonie, d’abord, c’est vite dit. Le folklore subsiste, et les vieux monstres apparus dans les années 30, momies, loups-garous ou créatures de Frankenstein, -ont la vie dure : voir «Waxwork», «Le loup-garou de Londres» ou «La promise». Le sacré ancestral et millénaire est toujours présent ; seule différence il surgit désormais dans la vie quotidienne. Les esprits des maisons hantées sont maintenant étudiés avec toute la rigueur scientifique qui convient, comme dans «L’emprise» de Sidney Furie. Si l’écrivain de «House» a des hallucinations, ce sont des souvenirs de la guerre du Vietnam. Quant aux dangereuses apparitions de «Prison», elles suintent des murs d’un pénitencier, occasion de traiter sur le mode de l’épouvante du vieux sujet de la peine de mort et de la chaise électrique. Les loups féroces envahissant le Bronx de New York dans «Wolfen», les chauves-souris du Nouveau-Mexique dans «Morsures», l’envoûtement maléfique du «Faiseur d’épouvantes» et les divers esprits frappeurs de «Poltergeist» (1982, en attendant la suite) ont quelque chose en commun : ils attestent la résurgence en plein 20e siècle finissant des antiques superstitions de ces premiers occupants du Nouveau-Monde, les Indiens. Une façon peut-être d’exorciser une culpabilité latente de la nation américaine : dans «Cimetière», adaptation par Mary Lambert du roman de Stephen King, c’est encore d’un vieux cimetière indien que jaillira l’horreur. Stephen King est assurément, dans cette optique-là, le grand homme de la décennie : il s’est fait une spécialité de la projection dans l’univers le plus familier des peurs les plus traditionnelles. C’est chez monsieur Tout-le-Monde qu’on rencontre le loup-garou de «Peur bleue», et «Les vampires de Salem» constituent la plus paisible des communautés de la Nouvelle-Angleterre. Il faut dire que le vampirisme est un cas à part, qui traverse toutes les modes à condition de ne pas être relégué dans sa terre natale, les Carpates. David Bowie et Catherine Deneuve, chic riverains de Manhattan dans «Les prédateurs», les voyous écumant les snacks et les motels de «Near dark», les danseuses d’une boîte de nuit de «Vamp», les adolescents californiens de «Lost generation», les voisins vaguement farouches de «Vampire, vous avez dit vampire ?», je, tu, il, elle, nous sommes tous des vampires… Pas étonnant si Nicolas Cage, le héros de «Embrasse-moi, vampire», un des musts du Festival d’Avoriaz 90, se prend lui-même pour un des «enfants de la nuit» chers au comte Dracula. A la faveur des années 70, ont avait cru remiser au grenier de la superstition ces antiques malédictions, balayées par une vague écologique plus ou moins militante (à la «Soleil vert»). Dans les années 80, la hantise de la pollution demeure à travers les invasions de bestioles diverses («Alligator» ou «Piranha 2») et la terreur de la bombe est le prétexte à la description d’apocalypses nucléaires comme «Le jour d’après» (1984) et «Le dernier testament» (1984). Et après la catastrophe, ce n’est pas mieux : quel cauchemar de survivre dans le monde de «Mad Max», n° 1, 2 ou 3, de «Baffle-truck» ou «Quiet earth» (venus de cette Nouvelle-Zélande très sensibilisée sur la question) ! A Avoriaz 90, nous avons encore droit à un suspense échevelé autour de l’imminence de l’arrivée des missiles sur Los Angeles, titre «Miracle mile» (1989). Sur un plan plus individuel, et recoupant la hantise vampirique fondée sur la peur de l’épidémie, on a vu se répandre la terreur organique — annoncée dès «Alien», le film-phare de cette décennie, confirmée par l’impact de «La mouche» et des autres films de David Cronenberg — qui, serait-ce un hasard, coïncide avec cet autre phénomène des années 80, la propagation du Sida. Enfin, la sophistication technologique de notre société incite les cinéastes à reprendre un thème fondateur de la science-fiction la révolte, la déviation insidieuse des objets destinés à faciliter la vie courante. Les appareils domestiques se dérèglent et s’affolent dans «Le démon dans l’île» de Francis Leroi, les ascenseurs capturent leurs passagers dans «The lift» (1984) comme dans «Out of order» (1984). Les ordinateurs domestiques sont les vedettes de «War games» ou «Electric dreams» (1985), les téléviseurs et magnétoscopes du troublant «Vidéodrome». Quant aux robots de «Terminator» comme de «Robocop» (1987), ils symbolisent cette folie des expérimentations qui ne tiennent aucun compte du facteur humain, que ce soit la chirurgie («Looker») ou les manipulations génétiques («Scanners»). Mais l’époque n’est pas seulement celle d’une crise de société universelle où la montée d’une certaine folie de la violence se traduit par l’insécurité croissante, par la multiplication des attentats terroristes comme par des flambées de hooliganisme, le tout baignant parfois dans un retour de l’irrationnel viscéral qu’on croyait oublier depuis les temps troublés du Dr Mabuse. Les assassins, de préférence masqués, rôdent dans les grandes cités comme dans les vertes avenues des banlieues résidentielles, s’introduisent chez vous on ne sait comment, comme par magie. Ainsi, le dément de «Halloween», qui trouve toujours le moyen de se retrouver dans la chambre à coucher des adolescentes. Si c’est impossible matériellement, ils utilisent le téléphone, comme le meurtrier de «Terreur sur la ligne» (1980), le rêve, comme le terrifiant Freddy du cycle des «Griffes de la nuit» (1984…) ou le fantasme, comme le violeur de « Dream lovera » (1986). La caractéristique essentielle du tueur psychopathe est sa quasi-invulnérabilité. Il est pratiquement impossible de s’en débarrasser, et, si d’aventure il advient qu’il soit éliminé, détruit une bonne fois pour toutes, l’empêchera-t-on de revenir à l’épisode suivant, quitte à se faire remplacer? Au premier «Vendredi 13» (1980), nous savions que l’assassin était la mère de Jason. Puis ce sera Jason lui-même, cadavre pourrissant émergeant de Crystal Lake, et plus tard l’une de ses victimes schizophrènes qui, se prenant pour le joueur de hockey, prendra à son compte sa folie meurtrière. La vieille dichotomie des Bons et des Méchants ne résiste plus, elle-même, à cette explosion de l’ultra-violente comme on disait dans «Orange mécanique»: l’héroïne de «Angel of vengeance» (1982), sourde-muette violée, se transforme en justicière encore plus terrible que son agresseur. Et que pèsent les loubards, délinquants des rues ou du métro, auprès des indestructibles «Nomads», esprits maléfiques d’une peuplade esquimaude brusquement surgis dans le décor rassurant de San Francisco ?

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80-90 les années fantastiques


Que furent les années 80 pour le cinéma fantastique ? La continuation des années 70. Ceci n’est une lapalissade qu’en apparence. C’est dans les seventies, en effet, qu’on a assisté à la naissance de ce qu’on pourrait appeler le fantastique moderne. Aux premières armes de Spielberg et de Brian de Palma, au triomphe de «L’exorciste» et de «Massacre à la tronçonneuse». L’horreur new-look a supplanté les fastes surannés du gothique, Hollywood a retrouvé sa suprématie, un moment perdue, au profit de l’Angleterre, à l’époque de la ‘gemmer. Ce fut une ère de transition, marquée surtout par l’essor commercial d’un genre cantonné jusque-là dans le ghetto de ses circuits spécialisés. Après Friedkin, Spielberg et sa bande ont gravi, avec «Duel», «Les dents de la mer», «Carne», etc., les sommets du box-office. Les années 80, en ce sens, n’apportent pas d’extraordinaire nouveauté. Si on ne se repose pas sur ses lauriers, on les fait fructifier. Par ailleurs, l’évolution entamée dans les seventies se poursuit de plus belle, selon quatre «lignes de force» : 1. L’importance de l’investissement. 2. La nature de l’inspiration. 3. Le niveau de créativité. 4. Le degré d’horreur.

80-90L’importance de l’investissement

Autrement dit, le coût de production dévolu aux films dits, fantastiques. Il faut ici rappeler que les films d’épouvante étaient, à l’origine, des productions comme les autres. L’Universal des années 30 consacrait à ses «Frankenstein» et «Dracula» des budgets de série A. C’est par la suite seulement que le fantastique devint le terrain privilégié de la sous-production, de la série 13 destinée au double programme. Dans les fameuses sixties, les chefs-d’œuvre britanniques qui firent le tour du monde étaient souvent des produits à bon marché. Il fallut la renaissance américaine du nouvel Hollywood pour que, de nouveau, on investisse beaucoup d’argent dans ce genre de spectacles, et cela dans le monde entier : après tout, c’est d’Australie que nous est venu un genre original de superproductions avec «Mad Max». Le signe précurseur de ce phénomène fut, dans les années 70, la vague du film-catastrophe. A la faveur de cette transition, le fantastique a pris le relais des grands genres hollywoodiens tombés en désuétude, voire en décrépitude : le western, le film de guerre, le péplum et le cape et épée. Le nouveau western, c’est la saga de «Mad Max», avec son héros solitaire, ses grands espaces, ses hors-la-loi sans scrupules et sa communauté d’élus qui seront les pionniers d’un monde nouveau. Le péplum rejoint les «heroic fantasy» et «sword and sorcery», «Lady hawke» ou «Willow». Le film de guerre trouve un équivalent spatial dans le cycle «Star wars», où l’arsenal est évidemment modernisé, comme dans «Alien 2, le retour» et, bien sûr, «Enemy mine», puis le récent«Abyss», toutes productions où les armes et les engins constituent l’essentiel du spectacle. Le genre cape et épée, qui a sa part aussi dans «Star wars» (les Jedis sont des chevaliers version cosmique, et l’Étoile de la mort de DarthVader remplace le château fort du shérif de Nottingham dans «Robin des Bois»), nourrit aussi désormais des « Highlanders » ou «Swordkill»… L’accroissement des budgets renforce le faste spectaculaire, et dans le fantastique, cela inclut le soin tout particulier apporté aux effets spéciaux (EX pour les intimes) dont la complexité, la finition et la perfection donnent la mesure de la richesse d’un film. Il y a deux sortes de FX. D’abord, ceux qui permettent de montrer catastrophes, explosions, déflagrations, incendies. Comme dans la plupart des policiers et autres films d’aventures. Et puis ceux qui relèvent plus particulièrement de l’horreur : les maquillages, les truquages qui donnent l’illusion de tous les mauvais traitements exercés contre les corps, les mutilations, les transformations, les métamorphoses les plus violentes. Pour cela, on a avancé à pas de géant dans ces années 80. On se souviendra de l’homme transformé en loup de «Hurlements» (1982), des créatures de l’au-delà de «Poltergeist» (1982), du chétif et sympathique alien de «ET» (1982), des monstruosités surréalistes de «The thing» (1982), et plus tard des joyeux revenants de «SOS fantômes», du cadavre écorché de «Hellraiser», de l’assassin défiguré aux mille gadgets horribles de la saga «Freddy»… Images fascinantes, jamais vues, réalisant les rêves les plus insensés de Georges Méliès : c’était ça, les années 80 !

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