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80-90 les années fantastiques


Que furent les années 80 pour le cinéma fantastique ? La continuation des années 70. Ceci n’est une lapalissade qu’en apparence. C’est dans les seventies, en effet, qu’on a assisté à la naissance de ce qu’on pourrait appeler le fantastique moderne. Aux premières armes de Spielberg et de Brian de Palma, au triomphe de «L’exorciste» et de «Massacre à la tronçonneuse». L’horreur new-look a supplanté les fastes surannés du gothique, Hollywood a retrouvé sa suprématie, un moment perdue, au profit de l’Angleterre, à l’époque de la ‘gemmer. Ce fut une ère de transition, marquée surtout par l’essor commercial d’un genre cantonné jusque-là dans le ghetto de ses circuits spécialisés. Après Friedkin, Spielberg et sa bande ont gravi, avec «Duel», «Les dents de la mer», «Carne», etc., les sommets du box-office. Les années 80, en ce sens, n’apportent pas d’extraordinaire nouveauté. Si on ne se repose pas sur ses lauriers, on les fait fructifier. Par ailleurs, l’évolution entamée dans les seventies se poursuit de plus belle, selon quatre «lignes de force» : 1. L’importance de l’investissement. 2. La nature de l’inspiration. 3. Le niveau de créativité. 4. Le degré d’horreur.

80-90L’importance de l’investissement

Autrement dit, le coût de production dévolu aux films dits, fantastiques. Il faut ici rappeler que les films d’épouvante étaient, à l’origine, des productions comme les autres. L’Universal des années 30 consacrait à ses «Frankenstein» et «Dracula» des budgets de série A. C’est par la suite seulement que le fantastique devint le terrain privilégié de la sous-production, de la série 13 destinée au double programme. Dans les fameuses sixties, les chefs-d’œuvre britanniques qui firent le tour du monde étaient souvent des produits à bon marché. Il fallut la renaissance américaine du nouvel Hollywood pour que, de nouveau, on investisse beaucoup d’argent dans ce genre de spectacles, et cela dans le monde entier : après tout, c’est d’Australie que nous est venu un genre original de superproductions avec «Mad Max». Le signe précurseur de ce phénomène fut, dans les années 70, la vague du film-catastrophe. A la faveur de cette transition, le fantastique a pris le relais des grands genres hollywoodiens tombés en désuétude, voire en décrépitude : le western, le film de guerre, le péplum et le cape et épée. Le nouveau western, c’est la saga de «Mad Max», avec son héros solitaire, ses grands espaces, ses hors-la-loi sans scrupules et sa communauté d’élus qui seront les pionniers d’un monde nouveau. Le péplum rejoint les «heroic fantasy» et «sword and sorcery», «Lady hawke» ou «Willow». Le film de guerre trouve un équivalent spatial dans le cycle «Star wars», où l’arsenal est évidemment modernisé, comme dans «Alien 2, le retour» et, bien sûr, «Enemy mine», puis le récent«Abyss», toutes productions où les armes et les engins constituent l’essentiel du spectacle. Le genre cape et épée, qui a sa part aussi dans «Star wars» (les Jedis sont des chevaliers version cosmique, et l’Étoile de la mort de DarthVader remplace le château fort du shérif de Nottingham dans «Robin des Bois»), nourrit aussi désormais des « Highlanders » ou «Swordkill»… L’accroissement des budgets renforce le faste spectaculaire, et dans le fantastique, cela inclut le soin tout particulier apporté aux effets spéciaux (EX pour les intimes) dont la complexité, la finition et la perfection donnent la mesure de la richesse d’un film. Il y a deux sortes de FX. D’abord, ceux qui permettent de montrer catastrophes, explosions, déflagrations, incendies. Comme dans la plupart des policiers et autres films d’aventures. Et puis ceux qui relèvent plus particulièrement de l’horreur : les maquillages, les truquages qui donnent l’illusion de tous les mauvais traitements exercés contre les corps, les mutilations, les transformations, les métamorphoses les plus violentes. Pour cela, on a avancé à pas de géant dans ces années 80. On se souviendra de l’homme transformé en loup de «Hurlements» (1982), des créatures de l’au-delà de «Poltergeist» (1982), du chétif et sympathique alien de «ET» (1982), des monstruosités surréalistes de «The thing» (1982), et plus tard des joyeux revenants de «SOS fantômes», du cadavre écorché de «Hellraiser», de l’assassin défiguré aux mille gadgets horribles de la saga «Freddy»… Images fascinantes, jamais vues, réalisant les rêves les plus insensés de Georges Méliès : c’était ça, les années 80 !

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