Archive for octobre, 2014

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Gorilles dans la brume


Gorilles dans la brumeSigourney chez les gorilles, en pleine nature sauvage africaine et interprétant le personnage authentique de Dian Fossey, le spectacle vaut le détour. Point de trucage possible ! Les rencontres entre Sigourney/Dian et les gorilles sont à couper le souffle. Dian Fossey était cette anthropologue américaine qui, dans la solitude des montagnes sauvages du Zaire, trouva sa raison de vivre en étudiant pendant dix-huit ans, ces primates méconnus et sauvages. A force de séjours immobiles au voisinage d’un groupe, Dian Fossey s’est finalement fait accepter par les gorilles. Elle a pu les regarder, les toucher, vivre avec eux, les filmer. Lancée à corps perdu dans une lutte pour la protection d’une espèce en voie de disparition que les braconniers massacrent sans pitié, Dian Fossey y a laissé la vie. Le film se pouvait exister qu’en recréant ces rencontres avec de vrais gorilles… Lors d’un séjour de quatre mois dans le centre de recherche que Dian Fossey fonda en.1 967 et dirigea jusqu’à son assassinat (encore inexpliqué), en 1985, aidée par un pisteur, Sigourney Weaver a dû faire, elle aussi, un vrai travail d’approche. Elle s’est retrouvé 3 000 mètres d’altitude sur le mont Visoke, face à un groupe de gorilles de 250 kilos ! On en oublie les faiblesses très «mélodrame de Prisu» et «psychologie de supermarché» du film de Michael Apted.

Pelle le conquérantPelle le conquérant

En cette fin du 19e siècle, comme tant d’autres émigrants tenaillent par la faim, le vieil homme et son fils ont quitté leur Suède natale pour une terre qu’ils croyaient plus hospitalière, le Danemark. Mais Lasse (Max vonSydow) es trop vieux, et Pelle n’a que neuf ans. Engage comme vachers pour un salaire de misère, ils seront, comme les autres, soumis à la loi d’un régisseur inimitable et d’un commis sadique. Tandis que le père plie l’échine et se résigne, Pelle observe, se rebelle contre les brimades des autres écoliers et, surtout se lie avec Erik, une forte tête. Avec lui, il rêve de partir visiter le monde et de le conquérir. Ce beau film danois, Palme d’or surprise du Festival de Cannes 88, a séduit tout le monde images superbes et rigueur documentaire sont les qualités premières de cette histoire vue par le regard d’un enfant, mais se refusant aux facilités de l’émotion comme au confort intellectuel de la démonstration.

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Les portes tournantes


Les portes tournantesCéleste Jose du piano pour accompagner les films muets. Nous sommes au Canada en 1928, et la jeune fille devient une star locale. Changeant de robe chaque soir, elle se taille un joli succès auprès d’un public assidu et passionné. Soudain, c’est la catastrophe : le cinéma se met à parler. Fini le piano, adieu Céleste ! Toujours courtisée par un riche héritier, elle accepte de l’épouser, et ses malheurs commencent. Lorsque son mari meurt à la guerre, sa belle-famille lui enlève son enfant, et Céleste s’enfuit à New York. L’histoire de cette vie, de cette rébellion, de cette passion pour le piano, c’est assurément la partie la plus attachante du film de Francis Mankiewicz. La comédienne québécoise Monique Spaziani interprète Céleste avec sensibilité, sincérité, conviction. Le « présent » nous intéresse moins. Céleste, aujourd’hui une vieille dame, a écrit son journal, l’a envoyé à son fils, et c’est l’enfant de celui-ci qui, découvrant son cahier, partira seul à la recherche de sa grand-mère. D’où une touche d’émotion finale, mais le mieux, c’est assurément révocation de la jeunesse de Céleste.

Monsieur Hire

Monsieur HireQuand M. Hire sort de chez lui, dans son petit par-dessus noir, les gamins lui jettent de la farine. Il ne fait rien de mal, mais voila personne ne l’aime. II faut dire qu’il ne fait rien pour cela. Dormant très peu, il passe un temps fou à sa fenêtre, observant sa voisine Alice, qui est jeune, belle, vive, enjouée. Un soir, elle remarque le manège de M. Hire. Désemparée, elle se cache. Puis une mystérieuse complicité s’instaure entre elle et lui, mais chut… Du roman de Georges Simenon, «Les fiançailles de Monsieur Hire», Patrice Leconte a tiré une bouleversante histoire d’amour, où Michel Blanc trouve le rôle le plus intense de sa carrière. Sandrine Bonnaire, fraiche et spontanée comme toujours, est une Alice cependant ambigüe. Leur relation est l’essentiel d’un film ou tout superflu est élagué. C’est dense, concis, sans être austère. La sobre élégance de la mise en scène est un plaisir constant pour l’œil. La musique de Michael Nyman est ensorcelante. Quand on pense que la Palme d’or cannois est allée au surestime «Sexe, mensonges et vidéo», on se dit qu’il y a des jurys bien légers, que c’est un scandale, vanité des vanités…