Archive for janvier, 2015

0

Le crime d’Antoine


Le crime d'AntoineMauvais coup de foudre : Antoine a perdu accidentellement sa jeune femme, Léa, le soir même de leurs noces. A la suite d’une petite annonce dans le Nouvel Obs, il rencontre une autre Léa : même prénom, même âge, même voix, même physique… Nouveau coup de foudre, bénéfique cette fois. En apparence. Car Léa n° 2 cache un mystère. Elle apparaît, disparaît, semble effrayée. Elle est surveillée, manipulée par un méchant antiquaire (Jacques Weber). Y’a de la machination dans l’air… Ce scénario captivant, tiré d’un roman de Dominique Roulet («L’inspecteur Lavardin»), est très astucieusement mis en scène par Marc Rivière, dont c’est l’attachant premier film. La trouvaille des ballons est digne d’Alfred Hitchcock ! Aussi convaincant en acteur qu’en chanteur, Tom Novembre est un Antoine aussi touchant que lunaire, et quant à Catherine Wilkening, en Léa vulnérable et ambiguë, elle confirme ses promesses de «Mon bel amour ma déchirure». Un deuxième film signé Marc Rivière serait le bienvenu…

Kinjite, sujet tabou

Kinjite, sujet tabouUn Charles Bronson tel qu’on le découvre depuis des années. Violent, expéditif et efficace. Mais «Kinjite» réserve tout de même quelques surprises. Avec J. Lee Thompson, Charlie le «zigouilleur de salopards», le «nettoyeur des grandes villes américaines» a souvent tourné : «Le justicier de minuit», «L’enfer de la violence», etc. Cette fois, Bronson le flic n’aime pas les Asiatiques. Mais il est chargé de retrouver la fille d’un homme d’affaires japonais enlevée par un proxénète de Los Angeles. Dans son enquête, le policier, aux méthodes assez expéditives (il faut respecter le mythe «Justicier dans la ville» !), va se heurter à la loi du silence. Car, dans la société japonaise, tout ce qui concerne viol et prostitution est kinjite : sujet tabou. J. Lee Thompson est un très habile artisan. Il sait mettre en place des scènes d’action violentes et nerveuses. Et il parvient à nous tenir en haleine avec une intrigue solide en suspense. On regarde donc «Kinjite, sujet tabou» comme un bon polar, un efficace thriller. De plus, Charles Bronson y est un personnage plus subtil que dans ses précédents films.

0

Cocoon 2


«Cocoon 2» n’est pas aussi réussi que le précédent. Mais succès oblige… Ils sont de retour sur terre pour ce qu’ils croient être un bref séjour. Cinq années ont passé depuis que les joyeux vieillards se sont envolés vers la planète Antarès. Ils goûtent à l’immortalité et ont recouvré la vigueur de leur vingt ans, mais leur famille, leurs amis et la vie sur terre leur manquent cruellement ! Ils profitent donc d’une mission des Antariens pour revenir quatre jours sur notre bonne vieille planète.Cocoon 2 Alors que le film de Ron Howard était revigorant, optimiste, drôle et tonique, cette suite, signée pourtant par l’habile Daniel Petrie, est d’une insondable tristesse, déprimante et nostalgique. Cependant, les «vieilles» stars, toujours aussi « craquantes», sont à nouveau au rendez-vous : Don Ameche (que l’on a revu dans «Parrain d’un jour»), Wilford Brimley et Maureen Stapleton, Hume Cronyn et Jessica Tandy (revus ensemble dans « Miracle dans la 8e Rue»), Elaine Stritch («Providence» de Resnais ou «September» de Woody Allen), etc. Pour eux, pour leur cabotinage génial, pour le souvenir des splendeurs hollywoodiennes qu’ils font revivre, «Cocoon 2» vaut tout de même le détour !

Fair game

Trudie Styler est, à la ville, Mme Sting (ce qui signifie morsure/piqûre). Au cinéma, elle risque de devenir Mme Serpent, car, dans «Fair game», thriller en huis clos, elle a pour principal partenaire un mamba mortel. Une femme, prisonnière dans son appartement avec un très venimeux mamba, doit se livrer à un face-à-face mortel organisé par un mari jaloux et ne supportant pas d’être quitté ! Comédienne de télévision et de théâtre (notamment au sein de la Royal Shakespeare company), Trudie Styler est actrice depuis douze ans. On devrait d’ailleurs bientôt la voir en maîtresse de Modigliani/Richard Berry dans «Maudit», réalisé par Franco Taviani.Fair game Le film joue sur notre peur panique des serpents. Et la mise en scène de Mario Orfini (malgré un usage un peu abusif des plans subjectifs) fait tout pour nous donner la chair de poule. La plus grande partie du film se passe dans le loft de la jeune femme, que la caméra investit avec un séduisant parti pris esthétique et expressionniste. Le récit se réduit un peu à «le serpent veut mordre la dame». Premier temps : la dame n’a pas conscience du danger. Seconde période : elle panique. Troisième partie : elle organise le combat… Mais tous ceux qui n’aiment pas les reptiles — et même les autres — vont passer une heure trente à bondir de trouille sur leur fauteuil.